Investir dans le vin fin

Investir dans le vin fin : sept choses que vous devez savoir

Vous considérez faire le saut en investissement dans le vin fin? Suivez nos conseils pour vous retrouver avec les meilleures bouteilles.

investir dans le vin
Investir dans le vin fin

Vous vous demandez comment investir au moins 10 000 € – ou plus? Les vins fins sont parmi les classes d’actifs les plus performantes des 20 dernières années. Avec le plus cher lot de vin jamais vendu sous le marteau en Octobre (à une vente aux enchères Sotheby’s à Hong Kong, 114 bouteilles de Romanée-Conti Bourgogne pour 1 035 000 € – autour de 9 800 € par bouteille), l’achat de haut de gamme pourrait être la réponse à une retraite anticipée de luxe. Il y a des risques, bien sûr, mais avec l’aide de Cult Wines ou Vins-fins.com, voici sept conseils pour vous aider à naviguer parmi les pièges les plus courants.

1. Investissez seulement ce que vous pouvez justifier de perdre … ou de boire

La plupart des experts conviennent que, afin de supporter les meilleures chances de faire un bénéfice décent dans l’investissement en vin fin, vous devriez mettre de côté plus de 10 000 €. La même règle pour tout investissement, s’applique: ne pas utiliser l’argent qui est susceptible d’être nécessaire pour votre vie à court et moyen terme. Ne dépenser que ce qui ne vous empêche pas de vivre tous les jours. Les retours ne sont pas garantis, cependant, le vin de qualité est un produit de valeur et les ventes sont de plus en plus impressionnantes.

Un élément de cet essor remarquable est dû à la courbe ascendante de l’intérêt de l’Asie, et plus précisément la Chine, pour les spiritueux. Les Chinois ont acquis un goût pour le vin rouge – en partie en raison de leur nouvelle richesse urbaine, et aussi en raison de leur penchant pour une couleur chanceuse. A noter que le blanc est associé à la mort et aux funérailles, et donc moins « bankable ». En 2013, ils ont acheté 1,86 milliard de bouteilles. Non seulement ce chiffre a représenté une augmentation de 136 % au cours des dernières années, mais il a également détrôné la France de la première marche de leader du marché. Cette nouvelle demande met en péril la disponibilité déjà limitée de ces vins.

Connaissiez-vous les avantages fiscaux de l’investissement dans le vin? Ils sont expliqués dans la suite de cet article. Mais avant de continuer, ne perdez jamais de vue que le vin dans lequel vous investissez n’est pas fait pour être bu mais pour être revendu et générer des profits. Vous regretteriez de l’avoir dès le lendemain matin…

2. Achetez le meilleur que vous pouvez vous permettre

Certains insisteraient pour que vous intéressiez uniquement aux principaux châteaux de Bordeaux, et c’est une excellente astuce, du moins en termes de probabilité de marge bénéficiaire décente et régulière (les Bordeaux Grand Cru Classés représentent une part du marché de l’investissement dans les vins de garde fin d’environ 75 pour cent). En effet, si le millésime et la provenance sont bonnes, alors vous êtes susceptible d’être largement gagnant financièrement. La clé est d’investir dans les vins avec une renommée ou reconnus lors de concours, ceux qui ont une véritable demande mondiale.

Par exemple, les vins de Bordeaux de première croissance (Château Lafite Rothschild , Mouton Rothschild, Margaux, Latour, Haut-Brion, etc…) ont fourni de bons résultats depuis des siècles. Les meilleurs Bourgognes et Rhônes se sont bien comportés au cours des cinq dernières années, tout comme les meilleurs vins de Champagne.

Les très bons vins toscans tels que Sassicaia, Tignanello, Ornellaia ont réalisé des performances très régulières et remarquables ces dernières années. De même, quelques-uns des très rares cabernets californiens de la micro-production tels que Screaming Eagle ont considérablement augmenté en valeur. Cependant, ces vins sont de plus en plus difficiles à trouver et le marché est beaucoup moins liquide (ce marché est une niche très spécifique), ils ne devraient donc représenter qu’une petite partie d’une stratégie globale diversifiée.

Alors, achetez le meilleur vin pour votre budget, il faudra garder à l’esprit qu’une petite quantité des meilleurs vins sera plus rentable que plusieurs vins moins chers. Surtout lorsque vous ferez la somme de l’assurance annuelle et les frais de stockage. Les frais sont généralement estimés à 15 € par caisse de 6 bouteilles et par an.

Vérifiez également le millésime, et essayer, si vous le pouvez, de vous concentrer sur les années les plus impressionnantes.

3. Toujours vérifier les prix

Le coût des vins de qualité d’investissement peut varier considérablement, jusqu’à 20 %. Par conséquent, lors de l’achat pour l’investissement, il est essentiel de chercher et de renifler les meilleurs prix du marché. Il est plus facile de vérifier les prix en ligne ces temps-ci, et les sites tels que wine-searcher.com ; find-price.net et Vins-fins.com peuvent aider en plus de Liv-ex, qui est la référence de prix du marché mondial pour les vins fins, une ressource inestimable, précise et démontrant la taille conséquente de ce marché.

Liv Ex Fine Wine 50
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Assurez-vous de faire vos devoirs, même si vous choisissez d’investir auprès d’un commerçant. La provenance et la qualité sont d’une importance cruciale pour déterminer – et prouver – la valeur de votre investissement.

4. Investir pour un minimum de cinq ans

L’investissement dans les vins fins a presque toujours produit des rendements absolus positifs à chaque période de détention de cinq ans, depuis la première fois enregistrée en 1999. Par rapport aux actions mondiales, le vin fin a performé 98 % du temps sur des cycles d’environ cinq années.

Les meilleurs vins pour l’investissement sont produits en petites quantités (un maximum de 20 000 caisses) et c’est le déséquilibre demande-offre provoqué par leur consommation qui entraîne des prix plus élevés au fil du temps. Il existe un nombre fini de bouteilles et, pour les meilleurs rendements, une vision à moyen et à long terme doit être prise. À mesure que les vins grandissent et s’améliorent, ils deviennent de plus en plus rares et désirés – ce qui entraîne des prix toujours plus élevés.

«Comme pour n’importe quel marché d’investissement, des cycles de « boom-and-bust » (comprendre baisse et hausse) se produisent, mais en raison des caractéristiques uniques du vin fin (offre finie, demande croissante, maturation), si vous investissez dans un horizon de moyen à long terme, vous évitez les fluctuations à court terme et bénéficier des rendements exceptionnels et peu  volatils de l’investissement en vin fin», explique Tom Gearing, finaliste de l’édition 2012 de The Apprentice et propriétaire de Cult Wines.

« Pour moi, l’un des meilleurs conseils que je puisse donner à quiconque, qui commence l’investissement dans le marché du vin fin, c’est d’acheter à moyen et à long terme. Fondamentalement, les prix du vin fin prennent de la valeur parce qu’ils deviennent plus rares, et en même temps ils deviennent plus désirés à mesure qu’ils s’améliorent avec l’âge, et c’est cette dynamique unique qui entraîne des prix toujours plus élevés à long terme. »

5. Conservez votre vin dans des entrepôts sous douane agréés par le gouvernement

Lors de l’achat d’un bien précieux tel que le vin fin – de préférence dans des caisses scellées en bois original (OWC) et contenant un seul type de vin – il est primordial de s’assurer que vos bouteilles sont stockées professionnellement et correctement, dans les meilleures conditions. Ce faisant, vous garantirez la valeur future du vin lorsque vous voudrez le vendre.

La meilleure façon de prouver la provenance incontestable est de stocker le vin dans des caisses en bois «en obligations», ce qui signifie dans un entrepôt sous douane, «duty-paid» comme Bordeaux City Bond. Ces entrepôts de stockage assurent un environnement optimal pour le stockage, la température, l’humidité et d’autres facteurs microclimatiques soigneusement réglementés.

Autre chose à considérer: les vins entreposés en obligations ne sont pas soumis à la taxe sur la valeur ajoutée ou aux taxes douanières, car ils sont considérés comme « en transit ». En effet, une caisse de vin en obligation peut changer de mains plusieurs fois sans jamais quitter l’entrepôt de douane, en supprimant le risque de dommages et de perturbations. (Le laisser en obligation supprime également la tentation de déboucher les bouteilles à la fin d’une soirée joyeuse). Ce n’est que lorsque le vin est retiré de l’obligation que les taxes sont à payer.

Un mot sur l’assurance: les accidents se produisent – les actifs peuvent être endommagés ou volés. Il est important que vous assuriez votre stock en votre nom propre, et à sa valeur de remplacement. Il est essentiel que vous sachiez qui a la garde de vos biens – il n’y a rien de plus sûr que votre propre compte entièrement assuré dans un entrepôt sous douane. Si vous passez par un fond d’investissement, assurez-vous qu’un dépositaire physique s’occupe de votre argent et de votre stock.

6. L’approche « en primeur » à considérer avec prudence

Communément appelés « futurs vins », la primeur est le processus d’achat de vin dans lequel celui-ci reste en baril, la mise en bouteille et la livraison physique sont susceptibles de se produire deux ou trois ans plus tard, après la version millésimée.

Traditionnellement, cette approche est considérée comme le meilleur moyen pour les investisseurs et les collectionneurs d’acheter des grands vins classés (notamment les Bordeaux), car elle offre généralement la chance d’acquérir des vins au prix le plus bas du marché. Ces vins offrent également la plus grande sécurité de provenance, car les collectionneurs peuvent directement traiter avec les châteaux.

Cependant, acheter en primeur signifie s’engager sur des vins encore à leur plus jeune âge – avec toute la maturation, le mélange final et le vieillissement en fût de chêne à réaliser. Cette approche comporte donc des risques. La qualité du produit mis en bouteille finale peut s’avérer plus haute ou plus basse que les échantillons du baril initialement indiqué. N’achetez pas en primeur avant que les prix soient publiés. Ne vous faites pas avoir par un commercial qui veut vous vendre un excellent baril à un prix défiant toute concurrence. Acquérir de l’expérience dans le domaine du vin avant d’acheter en primeur semble la meilleure des parades contre les risques liés à cette approche.

7. Soyez conscient des avantages fiscaux et parlez à un conseiller

L’investissement dans les vins fins est souvent annoncé comme « exempt d’impôt » parce qu’il est exonéré de l’impôt sur les plus-values au bout de 22 ans de garde ou que vous pouvez profiter d’un abattement annuel sur les biens meubles inférieurs à 5000 euros.

Plus value sur biens meubles des particuliers

Les plus-values sur biens meubles réalisées par les particuliers dans le cadre de la gestion de leur patrimoine privé sont soumises à l’impôt sur le revenu selon un régime sensiblement identique à celui prévu pour l’imposition des plus-values immobilières. Elles bénéficient du taux proportionnel de 19 % (auquel il convient d’ajouter les prélèvements sociaux de 15.5%) soit 34.5%. A noter que les frais d’entretien et de possession ne peuvent être ajoutés au prix d’acquisition.

Exonérations

Les exonérations applicables aux plus-values immobilières ne sont pas applicables aux plus-values réalisées lors de la cession d’un bien meuble.

Cela étant, 3 exonérations sont applicables :

  • Les biens meubles dont le prix de cession est inférieur ou égal à 5 000 € sont exonérés. Ces dispositions s’appliquent, cession par cession, quelle que soit la nature du bien,
  • Par l’application de l’abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, la plus-value est définitivement exonérée au bout de 22 ans (la loi de finances pour 2014 a en effet passé l’abattement à 5% par année avec une exonération totale au terme de 22 ans).

Détermination de la plus-value imposable

Les modalités de calcul des plus-values sur biens meubles sont sensiblement les mêmes que celles prévues en matière immobilière sous réserve des règles qui ne peuvent concerner par hypothèse que les immeubles et des précisions suivantes.

Conclusion

Alors que le vin fin peut certainement être considéré comme plus sûr sur le plan de la rentabilité que les autres formes d’investissement, et qu’il bénéficie d’une fiscalité qui peut s’avérer avantageuse, il y a des considérations clés à prendre en compte que nous avons énoncé dans cet article. Il est préférable de consulter un conseiller fiscal pour voir comment tirer le meilleur parti de l’investissement dans le vin fin en fonction de vos ressources.

 

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